3 Questions VULLIERME Magali

 Qui êtes-vous ? Racontez-nous votre parcours ?

J’ai rejoint l’IRSEM en novembre 2018 pour travailler sur les enjeux de sécurité liés au changement climatique en me focalisant sur une étude de cas : l’accélération du dégel du pergélisol en Sibérie orientale. Avant cela, j’ai suivi une formation de juriste (Université Panthéon-Assas Paris 2), complétée par un master 2 en Sécurité Internationale et Défense (Université Pierre Mendès France) et un master 2 Etudes Arctiques (Université Paris-Saclay, UVSQ). J’ai également plus de trois ans d’expérience dans le secteur privé.

 

Quels sont vos axes de recherche actuellement ? Où peut-on vous lire ?

Mes recherches visent à mieux comprendre les interrelations entre, d’une part les populations locales des régions arctiques, et, d’autre part, les enjeux multi scalaires de sécurité (collaboration avec les Forces armées, risques liés au changement climatique). Après avoir étudié les relations entre Autochtones et militaires au sein des patrouilles de Rangers canadiens, je travaille actuellement sur les enjeux de sécurité liés au changement climatique. Plus spécifiquement, mon dernier projet de recherche porte sur les risques liés à l’accélération du dégel du pergélisol en Sibérie orientale, au sein du CEARC (Université Paris-Saclay, UVSQ) et du projet H2020 Nunataryuk. Je suis également chercheure associée à l’Observatoire de la Politique et de la Sécurité de l’Arctique (OPSA, Canada) et membre du GDR Arctique (CNRS, France). Parallèlement, je travaille sur les capacités d’adaptation des Forces armées face au changement climatique.

 

Récemment, j’ai publié deux articles portant sur mes résultats de thèse :   

-> Towards Human Security in the Arctic: Lessons Learned From the Canadian Rangers
-> The Social Contribution of the Canadian Rangers: A Tool of Assimilation or Means of Agency?

En 2019, j’ai également contribué à deux ouvrages collectifs en (co)rédigeant :

  • Un chapitre dans la Revue annuelle de l’OPSA L’année arctique 2019 :
    - Evolution des dimensions de sécurité humaine en 2019 : Quel bilan pour les communautés arctiques ? (pp. 26-33)
  • Deux chapitres (avec M. Delaunay) dans l’ouvrage Les régions de l’Arctique 
    - Enjeux contemporains de l’Arctique américain (pp. 67-78)
    - Les défis des infrastructures face aux mutations de l’Arctique (pp. 237-246)

Une publication portant sur les risques liés à l’accélération du dégel du pergélisol en Sibérie orientale va paraitre dans un numéro spécial de la revue Espaces, populations sociétés.

 

Pourquoi avoir choisi la « recherche » ? Comment percevez-vous votre rôle de chercheur ?

L’envie de conduire une recherche de doctorat m’est venue après mon deuxième Master 2, pour lequel j’ai rédigé un mémoire intitulé « Coopération, coordination et interaction intraétatique en Arctique : Une étude des relations entre les peuples autochtones et les forces armées ». Le travail bibliographique conduit pour ce mémoire m’avait ouvert des possibilités d’approfondissement qu’il m’appartenait de saisir. Je souhaitais aller sur le terrain pour confronter, auprès des acteurs concernés (Autochtones et militaires), ce qui était rapporté dans les sources bibliographiques. Je voulais aller à la rencontre de ces acteurs locaux pour entendre leurs points de vue et tenter de comprendre leurs réalités – dans leurs rapports avec l’ordre du monde et les enjeux politiques nationaux et internationaux.

Grâce au CEARC, à l’Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN) et à la Fondation Pierre Ledoux, j’ai pu entreprendre plusieurs études sur le terrain. J’ai notamment passé un mois à Nuuk (Groenland) en 2015 afin de rencontrer la Marine danoise. Puis, en 2016 et 2017, j’ai suivi deux entraînements avec des Rangers Inuit, réservistes des Forces armées Canadiennes : l’un à Aupaluk (Nunavik) et l’autre à Naujaat (Nunavut). En juillet 2019, je suis allée avec une équipe du CEARC en Sibérie orientale pour rencontrer des habitants de Tiksi et de Bykovskyi (République de Sakha-Yakutia, Fédération de Russie).

Dans mes recherches, je mets l’accent sur une pratique des sciences politiques centrée sur la production et l’analyse de données venant du terrain. Je perçois mes travaux de recherche comme des outils d’interface contribuant à la compréhension et à la documentation des réalités de communautés humaines, avec pour objectif final de les connecter à des enjeux nationaux et internationaux.